Qualireg Observatoire Notes de conjoncture En misant sur la qualité, producteurs et consommateurs sont gagnants
Au Laos et au Vietnam, les citadins sont de plus en plus désireux d’aliments de qualité. Le projet Superchain, qui vient de s’achever, a permis de se rapprocher de cet objectif en valorisant l’origine, les variétés ou la qualité des productions, permettant ainsi aux agriculteurs de stabiliser voire d’accroître leur revenu.
Au Vietnam comme au Laos, la croissance économique, manifeste dans les villes, côtoie encore des zones rurales très pauvres. C’est à partir de ce constat que le projet Superchain à vu le jour en mai 2007. « L’objectif était d’aider les petits agriculteurs des campagnes à valoriser au mieux leur production pour répondre aux besoins des consommateurs citadins de plus en plus désireux d’aliments de qualité » résume Paule Moustier, coordinatrice du projet et chercheuse au Cirad.
Achevé en mai dernier par un séminaire récapitulatif, le programme s’est consacré à la production de légumes « sains », à la culture du riz Hoa vang au Vietnam ainsi qu’à l’élevage traditionnel de bœufs Mong des montagnes de Cao Bang. « Dans cette région d’altitude où la population est particulièrement démunie, les animaux sont nourris exclusivement avec les herbes locales donnant une viande tendre au goût typique » explique Paule Moustier. Grâce au programme, les éleveurs distinguent désormais leur bœuf en mentionnant sur l'emballage son origine et l’utilisation d’aliments naturels. Mais la véritable « success story » est celle du riz gluant Hoa vang, une ancienne variété très prisée par les consommateurs et devenue rarissime. Des chercheurs vietnamiens ont accompagné les paysans pour sélectionner les meilleurs plants et améliorer les techniques de culture. Résultat, les ventes ne cessent de se développer auprès d’une diversité d’acheteurs : supermarchés, magasins, compagnie d’exportation, etc.
De nombreuses enquêtes sur les besoins des consommateurs ont montré qu'ils s'inquiètent d’un excès de pesticides dans leurs fruits et légumes. En effet, l’utilisation des intrants est peu règlementée dans ces deux pays tropicaux. Sous la houlette du projet Superchain, des groupes d’agriculteurs ont suivi des formations pour traiter au bon moment, retarder un peu la récolte afin de limiter les taux de pesticides présents dans les légumes et surtout choisir leurs intrants dans une liste de produits autorisés. Par la suite, et si les financements sont au rendez-vous, l’équipe de Superchain envisage d’aider les cultivateurs laotiens à s’orienter vers le bio. L’idée est aussi d’encourager les paysans vietnamiens à diversifier leur production de légumes pour faciliter les transactions avec la grande distribution.
Sous la coordination du Cirad, Superchain a été piloté par le consortium Malica au Vietnam et par la faculté d’agriculture de l’université nationale du Laos. Au total, plus de 400 producteurs ont bénéficié du programme et tous s’engagent à respecter un cahier des charges relatif à l’utilisation de produits chimiques, au type de semences ou de races, au mode de fertilisation ou d’alimentation ou au traitement des maladies.
Si le projet, financé par le Fonds international de développement agricole, est aujourd’hui achevé, son impact perdure. Des initiatives ont d’ores et déjà été reprises par les autorités locales. La province de Cao Bang prolonge les actions sur le bœuf : formations au cahier des charges, appui aux investissements, poursuite des contacts avec les supermarchés. Le district de Hoai Duc, dans la province de Hanoi, a quant à lui permis la mise en place de trois nouveaux groupes de « légumes propres ». « Pour le moment, l'impact au niveau gouvernemental est plus diffus, mais le département des cultures du ministère de l'agriculture a marqué un grand intérêt pour notre programme
», conclut Paule Moustier.
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