Le tsiperifery, le poivre sauvage de Madagascar

Auteurs : H. Razafimandimby, A.-G. Benard, H. Andrianoelisoa, J.-M. Leong Pock Tsy, G. Touati, A. Levesque, M. Weil, R. Randrianaivo, L. Ramamonjisoa, J. Queste, S. Aubert, J.P. Danflous and P. Danthu.

Introduction : une épice nouvelle sur le marché international. Le tsiperifery est un poivre sauvage de Madagascar appartenant au genre Piper. Ses qualités organoleptiques uniques, son origine endémique et exotique lui ont conféré, récemment, une forte notoriété sur le marché international et ont incité nombre d’acteurs à s’investir dans sa récolte et son commerce.

Enjeux scientifiques – En conséquence de cet engouement, la collecte du tsiperifery est un facteur de dégradation des forêts malgaches: abattage des lianes, voire des arbres-support, déforestation. La filière s’est organisée alors que très peu de connaissances scientifiques sont disponibles. Des informations aussi basiques que son aire de répartition, sa taxonomie, son écologie, ses modes de reproduction ne sont pas actuellement disponibles. Par ailleurs, aucune réglementation malgache ne reconnaît le tsiperifery, assimilé au poivre noir.

Enjeux socio-économiques – une filière qui rémunère mal les récolteurs locaux. La récolte est réalisée par les populations locales (parmi les plus pauvres de Madagascar) qui en retirent un revenu appréciable, même s’il est faible comparé aux plus-values des autres acteurs de la filière.

Résultats et discussion – poser les bases d’une gestion durable du tsiperifery. Ce constat nous suggère une démarche de recherche d’accompagnement visant à réduire les incertitudes sur la biologie de la plante, son exploitation, sa transformation. Nous proposons d’accompagner la filière vers une exploitation durable en explorant différentes innovations: une démarche de création d’un signe de qualité et d’origine et la mise en oeuvre d’un processus participatif de domestication.

Conclusion – plaidoyer pour l’implication de tous les acteurs. Toutefois, sans appui ou relais politique, des partenaires économiques ou des grands bailleurs, la recherche ne pourra pas éviter que le tsiperifery rejoigne, à brève échéance, l’Annexe II de la CITES.

Editeur : Fruits 72(6), 331–340 | ISSN 0248-1294 print, 1625-967X online | https://doi.org/10.17660/th2017/72.6.1 | © ISHS 2017 

Auteurs : H. Razafimandimby 1,2,3, A.-G. Benard 1,2, H. Andrianoelisoa 1,2, J.-M. Leong Pock Tsy 2,a, G. Touati 4, A. Levesque 5, M. Weil 5, R. Randrianaivo 2,6, L. Ramamonjisoa 3,7, J. Queste 2,8, S. Aubert 2,8, J.P. Danflous 9 and P. Danthu 2,10

1. Département des Recherches Forestières et Piscicoles, FOFIFA, BP 904 Antananarivo, Madagascar
2. DP Forêts et Biodiversité Madagascar, BP 853, Antananarivo, Madagascar
3. Ecole Supérieure des Sciences Agronomiques, Université d’Antananarivo, BP 175 Antananarivo, Madagascar
4. ISTOM, 32, Boulevard du Port, 95094 Cergy-Pontoise, France
5. CIRAD UMR QualiSud, Station Ligne Paradis, 7 Chemin de l’Irat, 97410 Saint-Pierre, BP 180, Réunion, France
6. Département de Recherche Technologiques, Centre National des Recherches Appliquées au Développement Rural, BP 904, Antananarivo, Madagascar
7. Silo National des Graines Forestières, BP 5091, Antananarivo, Madagascar
8. CIRAD, UR Green, Campus de Baillarguet, 34398 Montpellier Cedex 5, France
9. CIRAD, UR Innovation, Station de Bassin Plat, BP 180, 97455 Saint-Pierre Cedex, La Réunion, France
10. Direction Régionale du CIRAD à Madagascar, BP 853, Antananarivo, Madagascar, et CIRAD DGD-RS, Campus de Lavalette, 34398 Montpellier Cedex 5, France

Publiée : 22/12/2017

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